Euthanasie et Suicide assisté = Mort naturelle
© Maroun BADR (PhD)
Docteur en bioéthique
Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers
Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome
Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México
10/06/2026
Mensonges et Manipulation !
Aujourd’hui est voté cet amendement.
⚖️ Cet amendement repose sur un mensonge qui substitue une qualification légale à la réalité objective du décès. En réputant « naturelle » une mort résultant d’une aide à mourir, le texte affirme juridiquement une situation contraire au fait matériel, alors même que le décès résulte d’une intervention humaine volontaire destinée à en provoquer la survenance.
📖 Cette qualification rompt avec la définition traditionnelle de la mort naturelle, entendue comme le décès résultant exclusivement de l’évolution d’une maladie ou du vieillissement sans action extérieure létale. En modifiant le sens d’une notion juridique et médicale établie, l’amendement introduit une ambiguïté susceptible d’affecter la cohérence de l’ensemble de l’ordre juridique.
🩺 Cette dissociation entre la qualification retenue et le mécanisme réel du décès place les professionnels de santé dans une position délicate. Les médecins seraient amenés à établir un acte officiel dont la qualification juridique ne correspond pas à la cause immédiate du décès, ce qui soulève une interrogation sur le principe de sincérité des documents publics.
📊 Les conséquences dépassent le seul cadre individuel. En intégrant ces décès dans la catégorie des morts naturelles, l’amendement est susceptible d’altérer la fiabilité des statistiques sanitaires et de rendre moins lisible l’évaluation quantitative de l’aide à mourir. La transparence des données constitue pourtant une condition essentielle du contrôle démocratique et de l’évaluation des politiques publiques.
💰 L’objectif principal du texte est ainsi patrimonial. En assimilant l’aide à mourir à une mort naturelle, il neutralise les clauses d’exclusion relatives au suicide ou à la mort volontaire prévues dans certains contrats d’assurance afin de préserver les droits des bénéficiaires.
📑 Ce choix conduit à une modification indirectement de l’économie de contrats privés déjà conclus. Plutôt que d’adapter explicitement le droit des assurances, il transforme artificiellement la qualification du décès afin d’en produire les effets recherchés, portant ainsi atteinte à la liberté contractuelle et aux principes actuariels qui fondent l’évaluation du risque.
🏛️ En préférant une altération de la réalité à une modification ciblée des règles applicables, l’amendement fragilise la sécurité juridique et brouille la frontière entre la vérité des faits et la vérité légale.
📚 L’implication de l’ADMD est une influence du lobbying associatif dans l’élaboration de la norme. L’amendement ne se limite pas à modifier le droit : il transforme la perception juridique de l’aide à mourir en qualifiant artificiellement de « mort naturelle » un décès provoqué. Cette stratégie vise à neutraliser les conséquences juridiques et symboliques de l’acte plutôt qu’à les assumer. C’est une manipulation normative altérant la clarté, la cohérence et la sincérité de la loi.