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État de droit et droit à mourir.
L’urgence politique peut-elle se prévaloir de la sécurité juridique ?

© Maroun BADR (PhD)

Docteur en bioéthique

Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers

Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome

Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México

14/07/2026

⚖️ Le vote solennel annoncé le 15 juillet 2026 sur la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir interroge profondément sur le plan institutionnel. Pourquoi précipiter l’adoption définitive d’un texte alors que Gérard Larcher et Sébastien Lecornu ont annoncé leur saisine du Conseil constitutionnel ?
▶️ Le contrôle de constitutionnalité s’annonce d’ores et déjà incontournable.

📜 Au-delà du débat de société, c’est la qualité de la norme qui est en cause.
▶️ Une loi touchant à la vie, à la dignité de la personne humaine et aux libertés fondamentales exige une rédaction irréprochable, des garanties effectives et une parfaite sécurité juridique.

🏛️ Le parcours parlementaire du texte témoigne d’une instabilité rarement observée : rejets successifs par le Sénat, échec de la commission mixte paritaire, réécritures multiples, modifications substantielles des critères d’accès et des mécanismes de contrôle.
▶️ Une telle évolution traduit des désaccords de fond qui demeurent entiers.

❓ De nombreuses interrogations persistent : définition de certaines notions essentielles, articulation entre autonomie individuelle et protection des personnes vulnérables, effectivité des contrôles, responsabilité des professionnels de santé, portée réelle de la clause de conscience, régime des décisions collégiales et garanties procédurales, etc.
▶️ Autant de questions susceptibles d’alimenter le débat constitutionnel.

🛡️ Les exigences découlant notamment des principes de dignité de la personne humaine, d’égalité devant la loi, de sécurité juridique et d’intelligibilité de la norme appellent une vigilance particulière.
▶️ Une législation portant sur des décisions irréversibles ne peut laisser subsister des zones d’incertitude.

⚠️ Le Conseil constitutionnel n’a pas vocation à réparer les insuffisances d’une délibération parlementaire.
▶️ Son contrôle constitue une garantie ultime de conformité à la Constitution, non un mécanisme destiné à achever la rédaction de la loi.

🇫🇷 Le Parlement gagnerait à privilégier l’exigence de solidité juridique plutôt que le respect d’un calendrier politique précipité.
▶️ La légitimité d’une telle réforme ne se mesure pas à la date de son adoption, mais à sa conformité aux principes fondamentaux de notre État de droit.

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