Quand la culture générale déraille !
© Maroun BADR (PhD)
Docteur en bioéthique
Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers
Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome
Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México
28/09/2026
🗣️ Lors de son allocution officielle* devant le Pape, le Président de la République a voulu tenter une envolée théologique pour marquer les esprits :
« Oui, comme il est dit dans l’Ecclésiaste, « il ne faut pas s’attrister comme ceux qui n’ont pas d’espérance », et c’est un sentiment, je le sais, que vous partagez. » (Voir vidéo 1mn53s)
❌ L’erreur est triplement totale : théologique, littéraire et historique.
🗨️ L’Ecclésiaste est un livre le plus philosophique de l’Ancien Testament, fortement teinté de pensée grecque, parfait pour un discours d’État. Seul problème : la citation n’y existe tout simplement pas. Le livre de L’Ecclésiaste ne mentionne le terme « espoir » (parfois traduit par « espérance ») qu’une seule fois, au chapitre 9, verset 4 — et dans un tout autre contexte : « Pour celui qui reste avec tous les vivants il y a de l’espoir : chien vivant vaut mieux que lion mort. »
✉️ Cette phrase est une adaptation d’un passage du Nouveau Testament, précisément de la Première épître de Saint Paul aux Thessaloniciens (1 Th 4, 13) : « Il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. »
💻 Si le texte a été rédigé par une IA, la moindre des choses aurait été de vérifier ses références.
🖋️ S’il a été préparé par la plume ou l’équipe de communication, la moindre des choses aurait été d’ouvrir l’ouvrage source.
🚫 On ne commet pas de telles erreurs d’amateur face à celui qui connaît parfaitement la matière sur le bout des doigts.
👁️🗨️ Il n’est nul besoin d’être chrétien, croyant ou pratiquant pour citer la Bible, mais la rigueur intellectuelle l’exige. Un simple contrôle des sources avant de valider un discours d’État aurait évité ce malaise à la fois culturel et diplomatique.