Autoconservation des ovocytes : Enjeux biomédicaux
© Maroun BADR (PhD)
Docteur en bioéthique
Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers
Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome
Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México
17/02/2026
Le gouvernement français a lancé le 05/02/2026 la première réunion du comité de pilotage du plan fertilité et des travaux ministériels sur la santé périnatale et maternelle.
➡️ 16 mesures sont prévus parmi lesquels le déploiement de 30 centres nouvellement autorisés d’autoconservation des ovocytes (AO)/cryoconservation (CyC), s’ajoutant aux 40 existants.
➡️ Le comité étudie également la possibilité de l’ouverture de l’autoconservation des ovocytes aux centres privés à but lucratif, afin d’élargir l’offre et de réduire les délais d’accès.
➡️ Mon analyse s’intéresse pour l’instant aux enjeux biomédicaux de la pratique de l’AO.
🅰️ Enjeux et défis pour la femme
1️⃣ Faible taux d’utilisation et efficacité variable (Voir l’étude)
🟠 27,4 % des femmes réutilisent leurs ovocytes cryoconservés à un âge moyen de 40,4 ans (± 3 ans après la CyC)
🟠 Taux cumulatif de naissance vivante était :
a ) 41,1 % pour celles qui ont uniquement réalisé un “warming” d’ovocytes cryopréservés
b) 48,1 % chez celles ayant eu une stimulation ovarienne avant transfert
2️⃣ Altération potentielle de la capacité reproductive après vitrification (Voir l’étude)
🟠 Taux de survie des ovocytes après décongélation : 59,8 %
🟠 Taux de fécondation, de grossesse clinique (10,7 % vs 36,1 %) et de naissance vivante (8,9 % vs 25,9 %) significativement inférieurs comparés aux ovocytes frais matures
3️⃣ Dépendance à l’âge et perspective limitée pour les femmes plus âgées (Voir l’étude)
🟢 Les meilleurs taux de naissances vivantes après AO sont observés chez les patientes âgées de moins de 37,5 ans et/ou avec des niveaux d’anti-Müllerian hormone plus élevés au moment de la ponction ovarienne
4️⃣ Risque sur les femmes : le Syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO)
▶️ Risques pulmonaires et respiratoires : ascite épanchement pleural et syndrome de détresse respiratoire aiguë (Voir l’étude)
▶️ Risques rénaux : lésion rénale aiguë (Voir l’étude)
▶️ Troubles et arrêts cardiaques (Voir l’étude)
▶️ Risques ovariens : torsion ovarienne (Voir l’étude), rupture cystique et hémopéritoine (Voir l’étude)
▶️ Détérioration de la fonction hépatique (Voir l’étude)
▶️ Risques thromboemboliques (Voir l’étude) : AVC, phlébites, embolie pulmonaire, thrombose des membres supérieurs
▶️ Le SHO est aggravé par l’âge, par le Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), par un faible indice de masse corporelle (Voir l’étude), mais aussi par le nombre d’ovocytes prélevés et par une dyslipidémie (Voir l’étude)
▶️ Décès (Voir l’étude)
🅱️ Enjeux pour les grossesses et pour l’enfant né d’un ovocyte congelé
1️⃣ Risques généraux des grossesses tardives : pré-éclampsie, hypertension diabète gestationnel, naissance prématurée (Voir l’étude)
2️⃣ Risque accru d’accouchement prématuré lié au SHO suivi d’une naissance (Voir l’étude)
3️⃣ Fausses couches : 18.75 % dont 23.3 % révélaient un caryotype anormal (Voir l’étude)
4️⃣ Quotient intellectuel : Les enfants de femmes atteintes du SHO présentent un quotient intellectuel inférieur à celui des femmes enceintes sans SHO (Voir l’étude)
5️⃣ Santé des enfants : quasiment pas d’études sur les enfants nés d’une AO. Néanmoins, les conséquences liées à la congélation des embryons sont bien documentés (Voir une analyse précédente : Le bébé le plus agé au monde)