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Déplacer serait immoral, tuer serait éthique ?

© Maroun BADR (PhD)

Docteur en bioéthique

Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers

Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome

Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México

19/08/2026

⚖️ « Est-il éthique de déplacer une personne en fin de vie, parfois douloureuse et fragile, pour lui permettre d’accéder à un droit reconnu par la loi ? »

❓ Cette question posée par le Collectif qui a signé cette Tribune du 18 août 2026 mérite d’être examinée au-delà de sa formulation compassionnelle puisqu’elle révèle une audace argumentative particulièrement osée.
▶️ Elle révèle le biais d’un raisonnement militant.
▶️ Elle manipule le langage en jouant sur les émotions.

🧭 Le déplacement d’une personne fragile peut être éprouvant et doit être évité.
▶️ Mais pourquoi cette réalité deviendrait-elle l’argument central contre la liberté de refus d’un établissement privé, tandis que l’acte destiné à provoquer la mort serait tenu pour moralement acquis ?

⚠️ La souffrance du transfert devient un problème éthique, alors que la mort provoquée est implicitement réduite à l’exercice d’un « droit ».
▶️ Un droit qui est par définition subjectif, une liberté individuelle et une prestation exigible d’un tiers ne se confondent pas.

🏛️ L’enjeu est celui d’une conciliation : autonomie du patient, effectivité de la loi, continuité de l’accompagnement, liberté de conscience des professionnels et liberté des établissements.

🕊️ La compassion doit être symétrique.
▶️ Elle commande de protéger une personne en fin de vie contre des déplacements inutiles ;
▶️ Elle commande aussi de respecter celui qui refuse de participer à un acte contraire à ses convictions.
▶️ La vulnérabilité et la liberté du patient ne sauraient abolir la liberté de conscience d’autrui.

🔨 Le droit peut déterminer ce qui est licite ; il ne décrète pas ce qui est moral.
▶️ Tout collectif peut défendre une conception de la fin de vie.
▶️ Cependant, déplacer la grille de la lecture éthique ne saurait être considéré comme correct.

🗣️ La fin de vie mérite mieux qu’un raisonnement à sens unique :
▶️ Déplacer une personne serait problématique ; provoquer sa mort serait, par principe, éthique.
▶️ La loi peut rendre un acte licite. Elle ne dispense ni le législateur, ni les associations militantes, ni la société d’interroger sa légitimité morale.

❌ Le débat public ne gagne rien à substituer l’émotion à la rigueur juridique ni à l’éthique ici.

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