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Fin de vie et Moindre mal

© Maroun BADR (PhD)

Docteur en bioéthique

Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome

Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México

09/01/2026

« 𝘑’𝘢𝘪 𝘱𝘦𝘶𝘳 𝘲𝘶𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘧𝘰𝘪𝘴, 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘯𝘰𝘴 𝘥é𝘣𝘢𝘵𝘴, 𝘥𝘦𝘴 𝘤𝘩𝘰𝘴𝘦𝘴 𝘴𝘦 𝘱𝘳é𝘤𝘪𝘱𝘪𝘵𝘦𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘪 𝘰𝘶𝘣𝘭𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘭’é𝘱𝘢𝘪𝘴𝘴𝘦𝘶𝘳 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘦 𝘥𝘪𝘧𝘧𝘪𝘤𝘶𝘭𝘵é 𝘱𝘢𝘳𝘧𝘰𝘪𝘴, 𝘢𝘶𝘴𝘴𝘪, 𝘥𝘦 𝘴𝘪𝘮𝘱𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘦𝘳 𝘭𝘦 𝘮𝘰𝘪𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘮𝘢𝘭 » (E. Macron, Grande Loge de France, 5/5/2025).

𝐃𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐦𝐚𝐥 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭-𝐢𝐥?
Le principe éthique du #moindre_mal ne peut être rigoureusement appliqué qu’en respectant ses conditions de possibilité:
🟢 La distinction entre le #bien et le #mal
🟢 La distinction, décisive, entre mal #moral et mal #physique.

▶️ 𝐃𝐞𝐮𝐱 𝐫𝐞𝐦𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞𝐬
1️⃣ Supprimer la 1re distinction revient à nier l’existence d’un bien et d’un mal moraux objectifs.
Ne subsistent alors que la volonté individuelle, la décision du législateur et les fluctuations socioculturelles: « faire de l’homme la mesure du monde ».
2️⃣ Supprimer la 2ème distinction revient à rendre tous les maux équivalents, ouvrant la voie à une absurdité aux conséquences anthropologiques, juridiques et sociales majeures.

▶️ 𝐃𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧é𝐜𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞
1️⃣ Mal moral: transgression délibérée d’un interdit universel. L’acte est intrinsèquement mauvais et entraîne des conséquences anthropologiques majeures (donner la mort, violer).
2️⃣ Mal physique: dommage corporel ou/et souffrance sans qualification de mal moral en soi (acte chirurgical, traitement avec effets secondaires).

▶️ 𝐂𝐨𝐦𝐛𝐢𝐧𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝’𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
1️⃣ Mal physique P1 ou P2?
Là, le moindre mal. Ex. Arrêt de traitements disproportionnés ou inutiles (refus de l’obstination déraisonnable).
2️⃣ Mal physique P ou Mal moral M?
Mal physique. Ex. Soulagement de la douleur en fin de vie par la morphine selon le principe du double effet (CSP, art. L.1110-5-3; loi Claeys-Leonetti, 2016), sous quatre conditions:
🟢 Intention droite
🟢 Effet direct bon
🟢 Proportionnalité
🟢 Absence d’alternative sans effets négatifs.
Les #soins_palliatifs s’inscrivent pleinement dans ce cadre sans jamais provoquer la mort (mal moral).
3️⃣ Mal moral M1 ou M2?
Jamais. Le #suicide_assisté comme l’#euthanasie constituent, malgré des modalités différentes, un même acte: donner délibérément la mort. Aucun bien objectif ne peut en résulter, car le soulagement suppose d’être vivant.

Les propos de M. Emmanuel Macron rejoignent ainsi Machiavel: « En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ».

Cette clarification conceptuelle conditionne toute délibération éthique sérieuse en fin de vie. Confondre les registres conduit soit au relativisme moral, soit à la justification de pratiques irréversibles sous couvert de compassion. La prudence exige alors de maintenir des distinctions opératoires claires afin de préserver à la fois la #dignité_humaine et la cohérence du #droit (C. pén., art. 121-3, 131-1, 221-1, 222-14-2, etc.)

Le texte intégral de l’allocution 👇 :
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2025/05/05/deplacement-a-la-grande-loge-de-france

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