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Fin de vie : Et si on parle économie ?

© Maroun BADR (PhD)

Docteur en bioéthique

Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers

Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome

Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México

01/02/2026

Voici 7 points clés du rapport « Les non-dits économiques et sociétaux du débat sur la fin de vie* » (01/2025) de Yves-Marie Doublet et Pascale Favre.

1️⃣ Un système de santé en crise profonde alors que la santé constitue une des premières préoccupations des Français

🔴 L’accès aux soins est gravement détérioré : les délais pour une consultation « douleur » atteignent six mois

🟠 Cette carence crée une anxiété majeure qui favorise les demandes de mort provoquée par peur de souffrances non soulagées

2️⃣ Le déni des besoins en soins palliatifs

🔴 Offre dérisoire et inégalité territoriale : 22 départements français sont dépourvus d’unités de soins palliatifs (USP)

🟠 Alors que 200.000 personnes en auraient besoin chaque année, seuls 30% y accèdent réellement

🟠 Un décalage flagrant entre les promesses politiques et la réalité budgétaire d’un système exsangue

🟠 Manque chronique de personnel, des USP ou fermeture, régulière ou temporaire, des lits en USP

3️⃣ Une prise en charge de la douleur défaillante

🔴 Un sous-traitement massif : 61% des patients cancéreux ne reçoivent pas de réponse adéquate à leur douleur

🟠 Seuls 3% souffrant de douleurs chroniques sont suivis en centres spécialisés, alors que cette médecine n’est toujours pas une spécialité de plein exercice

4️⃣ L’obstacle du financement des soins

🔴 Le développement promis des soins palliatifs se heurte à une impasse financière

🟠 Les dépenses de soins attribuables aux

situations de fin de vie s’établissaient à 6,6 Md €, soit 12.700 €/personne décédée

🟠 Les dépenses occasionnées spécifiquement par le traitement du dernier mois de vie s’élèveraient à 3,4 Md €, soit un peu plus de la moitié des dépenses attribuables à la fin de vie (Igas 2017)

5️⃣ Le modèle canadien

🟢 Gain financier total net de l’aide médicale à mourir = 149 millions de dollars canadiens (2020)

🕳️ La part du financement public représente 73% des dépenses de santé, soit 86,9 millions de dollars canadiens/an

🟠 Ce « choix assumé d’économies » transforme la mort en un outil de gestion des finances publiques

🔴 Les extrapolations à la France des chiffres de la mort provoquée au Québec montreraient 1,4 Md € d’économies annuelles de dépenses de santé

6️⃣ Pressions sur les plus précaires

🟠 Au Canada, 39 % des euthanasies ne visent pas des personnes en phase terminale

🕳️ Raisons : sociale (isolement, logement, chômage), économique (pauvreté), handicap (prise en charge insuffisante, prestations non allouées, déficience structurelle), vieillesse…

🔴 Le rapport craint qu’en France, la mort provoquée ne devienne une incitation pour les plus vulnérables, faute d’un accompagnement social, familial et structurel

7️⃣ Impact psychologique sur les soignants

🟠 L’effet anxiogène : 70 % : risque de démission dans un secteur déjà en tension, aggravant la désertification médicale et la rupture de la confiance entre le patient et le corps soignant (étude 2022)

                                                                   

*Doublet, Y.-M. – Favre, P., “Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie”, Fondation Pour L’Innovation Politique, Paris January 2025, in https://www.fondapol.org/etude/les-non-dits-economiques-et-sociaux-du-debat-sur-la-fin-de-vie/, 52.

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