Fin de vie : L'aide active à mourir est un soin
© Maroun BADR (PhD)
Docteur en bioéthique
Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome
Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México
15/01/2026
Le 14/12/2023, M. Denis Labayle, « médecin » et porte-parole de l’association « Le choix citoyen pour une mort choisie » (copinage avec M. Touraine) a voulu, par tous les moyens, prouver et convaincre que la mort provoquée (#euthanasie et #suicide_assisté) est un #soin.
Il affirme: « Le problème terminologique est essentiel, fondamental ».
Sur ses paroles, je le juge!
🅰️ Reprenons les quelques définitions du soin dans le contexte sanitaire
1️⃣ Académie française
🟢 « Actions thérapeutiques, traitement visant à MAINTENIR ou à rétablir la santé de quelqu’un »
2️⃣ Le Robert
🟢 « Actions par lesquelles on CONSERVE ou on rétablit la santé »
➡️ Larousse
🟢 « Actes de THÉRAPEUTIQUE qui visent à la santé de quelqu’un, de son corps »
🕳️ Il n’y a pas de réflexion stricto senso, ni absolue. Partir uniquement d’une telle réflexion est une manipulation.
🕳️ « Maintenir » et « Conserver » ne veulent pas dire guérison
🕳️ « Thérapeutique » ne veut pas dire uniquement guérison, M. Labayle !
Il s’agit bien d’un soin, du palliatif.
🅱️ Le cadre juridique et législatif
Le droit français définit le soin non par une formule concise, mais par les devoirs qu’il impose aux professionnels et les droits garantis aux patients.
Ils regroupent les trois actes principaux : préventifs, curatifs et palliatifs.
1️⃣ Code de la santé publique
➡️ Art. L. 1110-1
🟢 Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéficie de toute personne
🔴 Exclusion de l’obstination déraisonnable : Loi Leonetti 2005)
➡️ Art. R. 4127-38
🟢 Le médecin doit accompagner le mourant jusqu’à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage
🔴 Il n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort
2️⃣ Code civil
➡️ Art. 16
🟢 La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie
3️⃣ Code pénal
➡️ Art. 221-1
🔴 Le fait de donner volontairement la mort à autrui constitue un meurtre
➡️ Art. 221-3
🔴 Le meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat
➡️ Art. 221-5
🔴 Le fait d’attenter à la vie d’autrui par l’emploi ou l’administration de substances de nature à entraîner la mort constitue un empoisonnement
🔴 Il est puni de réclusion criminelle à perpétuité (dans la circonstance de l’art. précédent)
➡️ Sur le plan pénal :
🟠 Que l’on tue par amour ou pour abréger la souffrance, le meurtre est constitué dès lors que la volonté de donner la mort est présente (animus necandi)
🟠 Le « consentement » de l’intéressé n’a aucune incidence sur la qualification de l’acte
Où voyez-vous M. Labayle la provocation de la mort comme un soin, d’autant plus par un médecin ou un professionnel de santé ?
Source de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=tNkabGrrOrk&t=1s