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Les paradoxes de la promulgation de la loi relative à l’aide à mourir

© Maroun BADR (PhD)

Docteur en bioéthique

Enseignant de droit civil, Faculté de Droit, UCO – Angers

Research Scholar at UNESCO Chair in Bioethics and Human Rights – Rome

Associate Researcher at Facultad de Bioética Universidad Anáhuac México

19/08/2026

⚖️ La loi relative au droit à l’aide à mourir est désormais promulguée (le 18 août 2026).

🧑🏻‍⚖️ Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 2026-910 DC du 14 août 2026, en a admis la conformité à la Constitution, sous trois réserves d’interprétation.

🧭 Paradoxe (P) 1 : Le législateur consacre un « droit à l’aide à mourir » alors que le droit français ne comporte pas de loi générale consacrant expressément un « droit à la vie ».

🏥 P 2 : L’effectivité du choix suppose l’effectivité de l’alternative.
▶️ L’accès aux soins palliatifs demeure insuffisant et inégalement réparti.
▶️ Avant toute aide à mourir, il devrait être vérifié que la personne a effectivement pu accéder à des soins palliatifs appropriés.

🔎 P 3 : L’intelligibilité de la loi.
▶️ Les notions d’« affection grave et incurable », de phase « avancée » ou « terminale » doivent offrir une sécurité juridique suffisante.
▶️ La frontière entre acte médical, acte autorisé et infraction pénale doit aussi rester parfaitement intelligible et juridiquement sûres.

😇 P 4 : La dignité humaine.
▶️ Alors que la dignité humaine est appréciée dans sa dimension objective depuis la décision du 27 juillet 1994, le droit à l’aide à mourir consacre une dignité subjective dépendant de la volonté individuelle et du consentement.

🧠 P 5 : La liberté et la sincérité du consentement.
▶️ L’acte est irréversible : vulnérabilité, discernement, directives anticipées et information loyale doivent être rigoureusement appréciés. Mais comment ? Dans quel délai ? Deux jours de réflexion ?

⚕️ P 6 : Les prérogatives du médecin saisi.
▶️ La concentration des prérogatives entre les mains du médecin, l’avis à caractère consultatif du collège pluridisciplinaire et l’éviction du juge judiciaire interrogent au regard du caractère irréversible de l’acte.

🏡 P 7 : La privation du droit de recours.
▶️ Aucun recours n’est ouvert à un proche souhaitant contester une décision médicale favorable à l’aide à mourir.

🛃 P 8 : Le contrôle a posteriori.
▶️ Il vise la conformité de la procédure sans la possibilité de réparation en raison de la nature irréversible de l’acte.

🟰 P 9 : Le principe d’égalité.
▶️ Le législateur consacre une prise en charge intégrale et sans reste à charge de la procédure d’aide à mourir, créant un paradoxe flagrant d’égalité face à de nombreux soins du quotidien ou traitements d’accompagnement qui demeurent, eux, soumis au ticket modérateur et aux franchises médicales.

🧑‍⚖️ Le Conseil constitutionnel a néanmoins formulé trois réserves :
▶️ Pour un majeur protégé, le médecin doit prendre en compte l’avis du tuteur ;
▶️ Le pharmacien peut refuser de préparer la substance létale en raison de ses convictions personnelles ;
▶️ Un établissement privé peut refuser la réalisation de l’aide à mourir dans ses locaux, sous réserve qu’un accès effectif soit organisé ailleurs.

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